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DNA 14/05/2013

 

Liberté 31/10/2013

 

Soir d'Alger 7/11/2013

Article du Soir d'Algérie 13/05/2014

Description : http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2014/05/05/logo3.gif

Culture : Artisanat Ancestral de Timimoun
Ce souffle nouveau venu d’Alsace !

Amie et membre de TUS Alsace-Algérie depuis de nombreuses années, Khadija Seddiki, artiste-peintre et lissière demeurant à Sèvres (près de Paris), originaire d’El-Bayadh où elle a appris le tissage avec sa maman, puis étudiante aux Beaux-Arts à Oran, à Alger, à Bruxelles, enfin aux Gobelins, vient de diriger à l’atelier Tigurarin de Timimoun une formation à la tapisserie d’art aux couleurs du Sahara.

Fondé en 2007 par deux associations liées par des liens d’amitié fraternelle, l’Association des droits de l’enfant et de l’adolescent (ADE) de Timimoun et Trait d’union solidarité Alsace-Algérie (TUSAA) de Kientzheim, près de Colmar en Alsace, l’atelier Tigurarin vient de vivre des moments d’une richesse exceptionnelle.
Au cours des sept dernières années, les nombreux visiteurs algériens et étrangers ont pu constater l’évolution du projet initial «Femmes de Timimoun et des ksour du Gourara».
Au départ, l’idée était de donner du travail aux jeunes tisseuses, formées au CFPA de Timimoun, les accompagner dans leur désir de travailler et de s’insérer dans le tissu économique de la région ; mais surtout, leur offrir une intense formation à la connaissance approfondie de leur patrimoine ancestral, retrouvé, patiemment, année après année, dans les livres et les musées d’Alger avec l’aimable concours des conservatrices et leurs adjoints. A partir de 2009, grâce à la compétence et à l’enthousiasme de Karin Schreck, maîtresse artisane d’Orbey (près de Colmar), l’atelier Tigurarin de Timimoun s’est donné pour mission de renouer avec cette autre tradition ancestrale que fut jadis, dans toutes les régions d’Algérie, celle de la teinture naturelle des laines, la seule à donner aux tapis leur éclat, leur beauté lumineuse et chatoyante. Trois stages, ouverts à d’autres wilayas (Tizi-Ouzou, Ghardaïa), ont parachevé cette découverte (2009-2011-2013).
Fallait-il s’arrêter en si bon chemin ? Certes pas ! Décision est par conséquent prise en 2012 d’inviter l’architecte d’intérieur et artiste-peintre, Kheïr-Eddine Hassaïne, à rejoindre les deux associations, française et algérienne. Il accordera bénévolement une première formation aux tisseuses de Tigurarin sur le thème : «Comment faire évoluer vers la modernité le patrimoine de tissage du Gourara algérien sans le trahir». Plusieurs tapis de style contemporain sortiront de cette première formation. En ce printemps 2014, c’est l’apothéose ! Amie et membre de TUS Alsace-Algérie depuis de nombreuses années, Khadija Seddiki, artiste peintre et lissière demeurant à Sèvres (près de Paris), originaire d’El-Bayadh où elle a appris le tissage avec sa maman, puis étudiante aux Beaux-Arts à Oran, à Alger, à Bruxelles, enfin aux Gobelins, vient de diriger à l’atelier Tigurarin une formation à la tapisserie d’art aux couleurs du Sahara ! Les onze tisseuses (dont six maîtresses artisanes et 5 stagiaires) y ont vécu des moments d’intense émotion professionnelle. Invitées par Khadija à chercher l’inspiration dans leur environnement, mais aussi dans la connaissance de la symbolique de leur patrimoine, elles se sont tout d’abord livrées au dessin d’art au pastel. Les premières œuvres sont «naïves», puis progressivement, elles deviennent plus équilibrées, aux couleurs plus chaudes, aux motifs abstraits d’une signification plus profonde. Pour chacune d’entre elles, un croquis agrandi est reproduit sur la chaîne du métier à tisser, et voilà réalisées 13 œuvres d’une modernité étonnante et d’une beauté extraordinaire ! Des noms leur sont donnés par les artistes elles-mêmes : «Entre Erg et Reg, Timimoun la rouge», «Lumière de l’œil», ««Femme libre», «Envol d’oiseaux sur Timimoun», «Semence de vie», «Traces dans le désert», «Fibule», «Palmier dans le Désert». «Mais le stage, sous la direction de Khadija, est allé bien au-delà d’un simple apprentissage technique. Ensemble nous y avons vécu des temps d’émotion profonde, où les larmes ont coulé, lorsqu’à la «naissance» de chaque tapisserie (moment où elle est séparée des ensouples) l’atelier présent — au grand complet — accompagne la musique des ciseaux de ses youyous, de ses applaudissements, puis de la mélopée (prière de louange chantée) issue du tréfonds de la mémoire ancestrale. Quel bonheur ! Quelle réussite ! Quelles retrouvailles avec un passé enfoui, mais tellement présent !» nous ont écrit les responsables de TUSAA.
Par ailleurs, TUSAA organisera à Kaysersberg une grande exposition «Art et artisanat du Sahara algérien», du 3 au 9 juin, puis une deuxième à Kaysersberg toujours, sous le thème «Artisanat ancestral d’Algérie, source de développement local», du 5 au 11 août 2014, en présence des partenaires associatifs et de deux tisserandes de l’atelier Tigurarin. Les deux expositions auront lieu sous le patronage de Mme Yousfi, consule générale d’Algérie à Strasbourg, et du maire de Kaysersberg.
Kader B.

Article du Jeune indépendant 10/05/2014

Zone de texte: LE JEUNE INDEPENDANT

 

 

A TIMIMOUN, L'ATELIER TIGURARIN À L'AUNE DU XXIE SIÈCLE

Grâce à la «passerelle» Alsace-Timimoun
Ne jamais s'arrêter en chemin ! Avancer, innover, se former encore et toujours ! Voilà la devise de ''TIGURARIN'', cet atelier de tissage et de teintures naturelles fondé en 2007 à Timimoun par deux associations (ADEA et TUS Alsace-Algérie) qu'unissent, tout à la fois, une profonde amitié et l'intense désir de contribuer ensemble au développement et à l'insertion professionnelle des jeunes femmes tisserandes de la région.

C'est ainsi qu'en février-mars 2014, les onze tisseuses de l'atelier, mais aussi les responsables de l'ADEA et de TUS Alsace Algérie ont vécu une aventure d'une portée exceptionnelle. Sept années (2007-2014) viennent de s'écouler, au cours desquelles, sous l'impulsion de l'association TUS Alsace - Algérie et de sa consœur algérienne ADEA de Timimoun, le groupe de tisseuses de l'Oasis rouge a renoué avec le fabuleux patrimoine ancestral du Gourara et des régions limitrophes. 
Sept années au cours desquelles plus de 50 modèles de tapis anciens ont pu être fidèlement reproduits à partir de photographies prises dans les musées de la capitale avec l'accord de leurs conservatrices. 
Sept années au cours desquelles l'atelier a renoué avec les techniques et recettes ancestrales des pigments naturels, garance, gaude, indigo, henné, thé, daphné, armoise, noix de galle, coque de grenade, écorce de chêne et de noyer et tant d'autres encore ! Sept années où les stages se sont succédé, nombreux, intensifs, exigeants. Mais 2014 ! Quel tournant ! Invitée par TUS Alsace Algérie, dont elle est membre depuis de nombreuses années, Khadija Seddiki, artiste peintre et licière née à El Bayadh et demeurant à Sèvres, près de Paris, a rejoint l'atelier pour y diriger un stage d'une portée toute nouvelle : permettre aux 11 tisseuses engagées dans le projet d'affirmer leurs talents de créatrices, les inviter à s'engager ensemble dans un élan nouveau, celui de la tapisserie d'art contemporain, leur transmettre ce qu'elle-même a appris au long de sa longue et fabuleuse carrière de licière, à savoir comment chiner les laines, comment effectuer des dégradés de couleur, comment passer du tissage horizontal aux obliques, et conférer du même coup un souffle, une inspiration, une vibration, une musique intérieure d'une intensité insoupçonnée ! 
Le tapis traditionnel est certes très beau ; mais il est «statique». Ici tout est surprise, invention, mouvement, envol. Et que dire des couleurs, chaudes, intenses, ardentes, lumineuses, ces couleurs ocre rouge, orange, jaune d'or, - couleurs du Désert que seules peuvent donner à la laine les pigments naturels. La teinture naturelle est à présent la spécialité, la spécificité, le fleuron de l'atelier Tigurarin de Timimoun. 


«Créer n'est pas trahir»
Telle est l'autre devise de Tigurarin. Créer, faire évoluer le tapis ancestral, mais ne jamais trahir son âme profonde Rien n'est abandonné du patrimoine ancien : les figures géométriques propres au monde berbèro-zénète, ces figures chargées d'un langage codé, secret, que seuls peuvent lire et comprendre les initiées, sont là ; elles ''parlent'' ; elles traduisent – en silence – un univers de désirs, de rêves, d'espoirs, mais aussi de tourments, de peurs, d'angoisses. Grâce à Khadija Seddiki, un monde nouveau a jailli pour les tisseuses de l'atelier Tigurarin : de tisserandes les voilà devenues tisseuses d'art ! Quel progrès ! Quelle fierté pour elles, pour le Gourara, pour Timimoun, pour l'Algérie toute entière !

 

Article du journal Liberté du 26/05/2014

LIBERTÉ Lundi, 26 Mai 2014 09:50
L'Atelier de Tissage-Teintures naturelles TIGURARIN de Timimoun
Du patrimoine ancestral à la création contemporaine
Par : Nabila SAIDOUN

En septembre prochain, l'Algérie sera l'invitée d'honneur de la Foire européenne qui se déroulera à Strasbourg.

Né dans la belle oasis de Timimoun, l'atelier Tigurarin a travaillé au cours des sept dernières années à mettre en valeur le très beau patrimoine de tissage du Gourara et faire revivre, ainsi, le tapis de la région, égaré depuis longtemps, en proie aux vicissitudes du temps. C'est l'œuvre de l'association alsacienne Trait-d'Union, partenaire de l'association algérienne ADEA qui, dans un geste d'amour et de fraternité, mène une croisade contre la déperdition de ce trésor local ressuscité par les tisserandes de Timimoun aux doigts de fées.
Mais c'est aussi et surtout grâce à une recherche minutieuse effectuée par le couple Jean-Pierre et Marie-Claire Radigue qui se consacrent pleinement et avec beaucoup de générosité à ces lieux et ces gens qu'ils chérissent tant. 
Ramener à la vie le tapis de Timimoun n'a pas été une mince affaire, mais la persévérance finit par payer et révéler un patrimoine d'une grande beauté chargé d'histoire et de symbolique, remis au goût du jour également grâce aux conservatrices des musées d'Alger et leurs adjoints. Peu à peu, l'initiative arrive à se frayer un chemin et voir se greffer au projet initial une solide formation aux techniques de la teinture, d'abord synthétique puis végétale des laines. Dès 2012, l'atelier s'est totalement spécialisé dans les pigments naturels de façon à ce que les tisseuses-teinturières disposent, à présent, d'une vingtaine de plantes dont certaines viennent d'être remises en culture par des familles d'agriculteurs dans les ksour des environs. Une aventure humaine qui se poursuit encore, aujourd'hui, avec le précieux concours de Khadija Seddiki qui s'est lancé un défi : tenter d'apporter sa contribution à la nécessaire évolution du tissage patrimonial pour le rapprocher des goûts contemporains. Artiste peintre de son état mais aussi lissière, Khadija Seddiki habite à Sèvres (dans la région parisienne) ; elle a appris le tissage avec sa maman à El-Bayadh où elle est née. A l'atelier Tigurarin, tous les ingrédients étaient réunis pour une pleine réussite de l'opération agrémentée par la touche de l'artiste au grand talent. 
Excellente pédagogue, arabophone, Khadija sait mieux que quiconque transmettre les valeurs et le sens artistique hérités de sa culture et de son passé. "Avec l'aide de Khadija, nous avons appris des techniques de tissage toutes nouvelles. Nous avons appris à chiner les laines, à réaliser des obliques et des dégradés", témoignent les tisserandes de Timimoun, et de poursuivre : "Khadija nous a appris à nourrir notre intuition artistique au contact de notre environnement, des couleurs chaudes du désert, de l'âme profonde des palmeraies. Nous sommes devenues aujourd'hui, nous pouvons le dire, de véritables créatrices de tapisserie d'art." 
Et c'est d'ailleurs au regard de cette avancée que les œuvres 2013-2014 de l'atelier vont entamer un long périple. Elles seront successivement présentées lors d'une grande exposition prévue du 3 au 9 juin prochain dans la ville de Kaysersberg où se trouve le siège de TUS Alsace-Algérie. Une deuxième exposition verra le jour, du 5 au 11 août prochain, toujours à Kaysersberg, ville dont la mairie est très solidaire du projet, avec le concours des deux partenaires associatifs, à savoir Association des droits de l'enfant et de l'adolescent (ADEA) et Trait d'union solidarité Alsace Algérie (TUSAA) présidée par Marie-Claire Radigue (www.tusalsace.org) et de deux tisserandes de l'atelier, en l'occurrence Nawel Mellas et Fatima Madi. Puis ce sera le moment de descendre à Blanquefort – ville jumelée avec Timimoun – avant de revenir sur Strasbourg pour terminer, probablement, à la Foire européenne dans sa 82e édition au cours de laquelle l'Algérie sera l'invité d'honneur.
N. S.

Lalli (le journal de la municipalité de Kientzheim) : décembre 2014

Article paru dans le Soir d'Algérie le 21 janvier 2016