Ateliers Ayadi Adahabyia

Un projet de promotion féminine

Couture - Broderie traditionnelle - Tricot - Artisanat

Directrice : Fatima CHETTOUF

Où trouver l'atelier ?

A Timimoun 10 rue Ali Belakhdar - D 038 - Ilot 156

Comment visiter l'atelier ?

Contact :

Francophones : Fatiha ou Hocine Kadiri

Arabophones : Fatima Chattouf

Horaires d'ouverture : du dimanche au jeudi de 8 h à 12 h

Historique du projet.

Fondés en 1995 par la Communauté des Sœurs Blanches de Timimoun, les ateliers ‘’Ayadi Adahabyia’’ (Les mains d’Or), ont toujours eu pour objectifs essentiels la formation et l’accompagnement des jeunes femmes les plus démunies de Timimoun et des Ksour environnants. Il s’agissait, au départ, de leur donner une formation de base en couture et tricot, formation dont elles se serviraient pour des besoins personnels ou familiaux.
Trois lieux de rencontre hebdomadaire et de formation se sont progressivement développés, grâce à une prise en charge financière de la CARITAS algérienne : Timimoun d'une part, d'autre part Tinjillet et T’mana, deux Ksour éloignés d’environ 17 à 20 km de Timimoun.
En 2005, sous l’impulsion des Sœurs, certaines jeunes filles souhaitent étendre et diversifier leurs activités à des fins de vente. Une formation en broderie traditionnelle et en coupe est financée par la CARITAS.
Soucieuse d’accompagner et de soutenir cet effort, TUS a immédiatement proposé d’acheter des objets (petits bijoux, macramé, pochettes, petits napperons…)
En mars 2012, la Communauté des Sœurs Blanches sait qu’elle devra quitter Timimoun dans un délai assez rapproché et demande à TUS et à l’ADEA de réfléchir à une possibilité de ‘’reprise’’ des ateliers. Nous répondons d’autant plus volontiers que cette action de Promotion Féminine et d’aide au développement des jeunes femmes les plus pauvres cadre parfaitement avec les objectifs de nos deux associations.
Dès le printemps 2012, la décision est prise en Assemblée Générale et nous commençons à travailler ensemble.

Les Porteurs du Projet 

ADEA
Association des Droit de l’Enfant et de l’Adolescent
Timimoun 

TUSAA
Trait d’Union Solidarité
Alsace Algérie

Hocine Marie-Claire

Le calendrier

Mars 2012 - Une première démarche est indispensable : rencontrer Soeur Marie-Christine, responsable de la CARITAS à Ghardaïa. S’engage alors une réflexion de fond sur les modalités et le calendrier de la reprise des ateliers.

  • Quelles évolutions sont possibles ?
  • Que faire pour adapter au mieux les potentialités des jeunes femmes aux goûts et à la demande d’éventuels acheteurs ?
  • Où chercher des débouchés sur Timimoun même ? Ailleurs ?
  • Comment assurer la rétribution la plus équitable pour le travail réalisé ?

    Réunion de travail chez les Soeurs Blanches (CARITAS de Ghardaïa) :
    De gauche à droite :
  • Soeur Renée (Tinjillet, T'Mana)
  • MC Radigue
  • Soeur Marie-Christine (CARITAS)
  • Soeur Simone (Timimoun)

Une partie du séjour sera ensuite consacrée à mieux faire connaissance avec les artisanes, leurs monitrices, Fatima C., Mabrouka, Khadidja. Une confiance mutuelle s’installe et les jeunes femmes montrent clairement leur joie de n’être pas ‘’abandonnées’’.

Automne 2012 – octobre novembre
Des jalons ont été posés ; le vrai travail peut commencer. Octobre et novembre seront largement consacrés à des moments de rencontre, de réflexion, tant à Timimoun, qu’à T’mana et Tinjillet.
Des décisions importantes sont prises :

  • C’est Fatima C. qui assurera la coordination de l’ensemble des ateliers. Elle sera responsable de la gestion financière, des achats de matières premières, des contacts avec les points de vente.
  • L’atelier de T’mana, spécialisé en broderie traditionnelle (point de Nabeul) veillera désormais au choix des coloris, de manière à mieux les adapter aux goûts des acheteurs.
  • A Timimoun, on réduira la confection des napperons pour investir davantage dans la finition des chèches et de la confection d'objets nouveaux.

Nous passons de longues heures avec Soeur Simone à calculer les prix de revient / vente et à former, du même coup les monitrices, à constituer un cahier des ventes, à mettre sur pied un programme de travail.

 

  • TUS décide de faire réaliser une armoire vitrine pour le patio de l’atelier de tissage. Ceci constituera un lieu de vente supplémentaire.
Réflexion sur le coût du travail
Vitrine à l'atelier TIGURARIN
Formation des monitrices à la gestion
Couturières et brodeuses au travail
Tricot machine
Tricot main
Repassage

 

La transition s’est faite dans un climat d’échanges de plus en plus confiants. Nous prenons rendez-vous pour Février Mars 2013. Tout semble en place pour un avenir prometteur

Février – Mars 2013
                     La mission de février-mars 2013 permet une importante consolidation des liens entre les deux associations engagées, les monitrices et les artisanes. Leur travail a progressé, au niveau de l’esthétique, de l’harmonisation des couleurs. La présentation des objets offerts à la vente est remarquable !

Situation des ateliers en février – mars 2013
A Timimoun, le centre Ayadi Adahabyia compte 10 artisanes et 3 monitrices
A T’mana travaillent 4 brodeuses (point de Nabeul) dont 2 stagiaires et 2 monitrices
A Tinjillet, on compte 8 artisanes dont 1 monitrice.

1. Les Centres de Timimoun et T’mana fonctionnent de manière satisfaisante et parviennent à vendre. Leur travail est soigné, propre, bien présenté et peut trouver preneur.

En revanche, une décision douloureuse a dû être prise : fermeture provisoire de ‘’Tinjillet’’ où les femmes réalisent des jouets en tricot, totalement invendables.

2. On note, à Timimoun et T’mana une vraie volonté d’adapter le travail à la demande des clients, un vrai désir de diversifier l’offre et un réel engagement de la part des monitrices

T’mana envisage de broder des services de table ; Timimoun fera des ponchos et des kachabias pour adultes.

3. Un premier châle capulet a été réalisé.

Présentation du châle par Fatima C.
 

Reste que l’écoulement des produits n’est pas facile. Moins de touristes et donc moins de clients, tant chez Miloud (magasin d’artisanat) qu’à l’atelier ‘’Tigurarin’’. Même Alger (Maison Diocésaine), demande qu’on attende Noël pour une prochaine livraison…

Une réflexion de fond doit s’engager visant à une meilleure performance des ateliers et à une réponse plus adéquate aux attentes des clients potentiels.

Octobre 2013 : des réunions de travail

Marie-Claire a profité de la venue de Soeur Renée pour organiser avec Fatima le travail des ateliers aussi bien celui de Timimoun que celui de T'Mana

Novembre 2013 : un stage de couture - broderie - artisanat

L'atelier comporte à présent la responsable (Fatima C.), 2 monitrices (Mabrouka et Khadidja) et 8 artisanes. C'est la première fois qu'un stage leur est proposé par Trait d'Union. Il est en effet indispensable de diversifier les réalisations pour permettre une meilleure rentabilité pour l'atelier.

Fabienne (formatrice) craignait en abordant ce stage d'avoir face à elle des jeunes filles peu ouvertes : tout au contraire, ces quelques jours se sont déroulés dans une ambiance très détendue, ponctuée d'éclats de rire. Plusieurs jeunes filles connaissent quelques mots de français (alors que de son côté elle n'est pas en mesure de leur parler dans leur langue !)

Le travail préparatoire avait été amorcé en mai 2013 par Fabienne Frambourg avec Soeur Simone, Annie Deck et Fatiha Kadiri. Un certain nombre de pistes avaient été évoquées : réalisation de mètres-rubans habillés, de coeurs brodés ou non, de sacs en tissu, de pochettes à bijoux, d'ensembles tuniques - pantalons...

Durant 2 jours (2 et 3/11), Karin Schreck leur apprend les rudiments de la réalisation de laine feutrée : des boules tout d'abord, puis des fleurs, une plaque de feutre puis à leur demande (après avoir vu un modèle fait par Karin) des sacs sans couture. Tout cela n'est pas encore parfait mais c'est un début ! Durant le stage de teinture que Karin dirige avec les tisserandes, elle va teinter ces réalisations pour un meilleur fini.

Nous abordons ensuite le stage de couture - broderie proprement dit. Nous avons apporté des tissus et tout le matériel nécessaire pour réaliser les mètres-rubans. Malheureusement les toiles à broder ne sont pas idéales : c'est un point auquel il faudra remédier lors d'un prochain séjour, soit en apportant des toiles de France, soit en cherchant sur place (à Ghardaïa ou à Alger).

Pour la réalisation des coeurs, une mise au point s'est imposée très rapidement sur la nécessité de centrer les motifs du tissu et sur le sens du tissu : coeurs horizontaux, excentrés, pointe en haut ! A l'issue du stage cependant nous obtiendrons un résultat satisfaisant. Nous attendons à présent les réactions de la clientèle lors des marchés de Noël d'Alger et d'Oran. En ce qui concerne les objets brodés (coeurs ou coussinets) certains peuvent être proposés à la vente. Les artisanes ont vite adhéré à la technique du point de croix et tout au long du stage se sont appliquées à chercher et à recopier des motifs à broder. Il s'avère cependant que les motifs trouvés ne reflètent pas du tout l'Algérie.

Puis nous recouvrons les mètres-rubans. Il a fallu pour cela trouver de petits motifs et insister sur la nécessité d'assortir les coloris au tissu qui sera utilisé pour recouvrir la face non brodée. Nous avions heureusement quelques restes de toile de lin qui ont permis de réaliser ces motifs.

Des sacs ont également été réalisés sur un modèle proposé par Annie Deck

Au cours du stage, Karin a lancé l'idée d'une crèche à partir des maniques réalisées dans l'atelier : il fallait pour cela avoir des personnages à la peau claire ainsi qu'un personnage de femme et un bébé. Marie-Claire a repris l'idée en rajoutant les animaux de la crèche : un boeuf, un âne et des moutons.

Nous n'avons pas abordé la question de l'ensemble tunique - pantalon. Cependant Marie-Claire a trouvé un modèle de saroual et avec le tissu que nous leur avons trouvé, elles devraient réaliser 3 sarouals.

En fonction des résultats des prochaines expositions-ventes, nous poursuivrons les réalisations qui rencontreront l'adhésion des clients. En ce qui concerne la broderie au point de croix, il semble indispensable de chercher des motifs qui évoquent le Gourara plutôt que des motifs classiques européens : dromadaires, palmiers, motifs ethniques (inspirés des tapis de Tigurarin par exemple).

Novembre 2014 : un stage de couture - broderie

L'atelier comporte à présent la responsable (Fatima C.), une monitrice (Mabrouka) et 9 artisanes.

L'objectif de ce stage était la réalisation de pochettes brodées ou non brodées. La consigne était également de faire prioritairement des broderies évoquant le Maghreb.

Il a également été nécessaire de refaire certains mètres-rubans dont la réalisation incorrecte n'avait pas permis de les proposer à la vente lors de nos expositions. Là également lorsque la broderie était à refaire il a été décidé de choisir des motifs plus ethniques

Au cours des 2 semaines de stage nous avons accueilli 3 nouvelles stagiaires. Elles se sont familiarisées avec la réalisation de mètres-rubans

Par ailleurs au cours de ce séjour nous avons relancé l'activité de l'atelier annexe de T'Mana : la commande d'un service de table brodé (nappe et 8 serviettes) et d'une nappe brodée leur a été passée. Nous leur avons également demandé de prévoir la fabrication de châles de laine.